Le baptême et la confirmation

Qu’est-ce que le baptême ? Qu’est-ce que la confirmation ? Le père Benoît-Dominique de La Soujeole nous introduit aux questions du baptême et de la confirmation chez saint Thomas d’Aquin.

 

 

Qu’est-ce que le baptême ?

 

Si on l’envisage en tant que sacrement, c’est le premier. C’est pour cela qu’il est enseigné par saint Thomas juste après les sacrements en général. En un sens, c’est le sacrement le plus exemplaire parce que c’est là que la théorie générale des sacrements s’applique le plus et le mieux.

Les sacrements sont des signes d’un acte par lequel Dieu nous sauve. Le baptême, comme signe, est une ablution d’eau avec la parole qui précise que c’est pour être lavé du péché originel, et si on est baptisé à l’âge de raison, des péchés personnels. Il faut remarquer que le rite du baptême ne dit que la moitié du baptême : l’aspect de purification. De soi, ce rite ne dit rien du cœur du baptême : l’adoption filiale. C’est pourquoi le rite du baptême a été entouré de signes secondaires – les sacramentaux – qui vont compléter la signification : vêtement blanc, lumière du cierge pascal, etc. Ce sont des signes qui disent l’adoption filiale qui résulte de la purification.

 

 

 

Pour quelle raison ne peut-on pas réitérer le baptême ?

 

La non réitération du baptême est d’abord un fait. On constate que, depuis 2000 ans, la conscience de l’Eglise a toujours dit que le baptême était non réitérable. Saint Thomas donne plusieurs raisons. Les deux majeures sont les suivantes :

  • Naissance unique. le baptême étant révélé par Jésus à Nicodème comme une nouvelle naissance à l’ordre surnaturel, on ne naît qu’une fois.
  • Radicalité de la purification. Dans l’aspect de purification du péché originel, la purification est totale et immédiate, le péché originel ne revient pas.

Il faut distinguer cela d’un doute qu’on aurait sur le baptême d’une personne. Il s’agit alors d’un baptême sous condition : « Si tu n’es pas baptisé, je te baptise… » Ce n’est en aucun cas une réitération.

 

 

 

Existe-t-il différentes sortes de baptême ?

 

Il y a un seul baptême, qui est sacramentel. C’est le baptême au sens plein.

Mais la conscience de l’Eglise a abordé certains cas qui se sont posés dans son histoire, par exemple les martyrs. Les martyrs qui ont donné leur vie pour le Christ, mais qui n’étaient pas sacramentellement baptisés. Devant ce témoignage parfait, la conscience de l’Eglise reconnaît une configuration au Christ parfaite. Elle parle alors de baptême de sang : ces personnes ont été configurées au Christ par les circonstances de leur mort donnée au Christ et semblable à celle du Christ.

Un autre cas s’est posé : des personnes qui n’ont pas reçu le sacrement, car elles n’avaient pas accès à ce sacrement, sans faute de leur part. La grâce de salut est reçue par ces personnes sans le sacrement. C’est l’adage qui veut que Dieu n’est pas tenu aux sacrements. Pour celui qui, sans faute de sa part, n’a pas accès aux sacrements, Dieu offre néanmoins sa grâce et la grâce du sacrement peut être reçue sans le sacrement. Avec cette nuance-là : si la personne ainsi baptisée (baptême en esprit ou baptême de désir) rencontre un témoin du Christ, un ministre de la communauté ecclésiale, il faut qu’elle demande le baptême sacramentel, parce que c’est par lui qu’elle reçoit le caractère sacramentel et qu’elle peut rentrer pleinement dans la communauté ecclésiale et participer à son culte.

Ces trois voies ne sont pas au choix. Il y a la voie ordinaire et universelle, qui est la voie sacramentelle, et certaines circonstances, qui sont toujours indépendantes de la volonté des personnes, offrent la possibilité d’avoir la réalité de grâce du baptême sans le rite sacramentel.

 

 

 

Qui peut baptiser ?

 

Baptiser en ce sens veut dire poser le rite baptismal, effectuer une ablution d’eau sur une personne avec les paroles : « Je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Le ministre d’un sacrement, c’est celui qui pose le rite sacramentel, le signe sacramentel. Alors, qui peut être ministre du baptême ? C’est le ministre des sacrements en général. En ce sens, on parle du ministre ordinaire du baptême, c’est-à-dire l’évêque, le prêtre et dans la tradition latine, aussi le diacre (c’est un peu plus complexe dans les traditions orientales). C’est normalement au ministre ordinaire de poser ce signe, parce qu’en sa personne il représente le Christ en raison de son ordination épiscopale, sacerdotale ou diaconale.

Comme pour les différentes sortes de baptême, quand le rite ne peut pas être posé par le ministre ordinaire (par exemple le cas d’un danger de mort : un enfant qui naît et qui est en danger de mort), à ce moment-là toute personne peut poser le rite. On parle donc d’un ministre extraordinaire. Comme la mortalité infantile était extrêmement fréquente autrefois et que les persécutions aussi pouvaient être fréquentes, soudaines et très violentes, la conscience de l’Eglise a élargi considérablement la capacité d’être ministre extraordinaire. Tout baptisé, par exemple, peut être ministre extraordinaire (homme ou femme). Le rite étant expressif par lui-même de la foi de l’Eglise, l’auteur principal du baptême c’est toujours Dieu dans le Christ, par conséquent ce peut même être un non-chrétien, à condition qu’il veuille faire ce que fait l’Eglise, c’est-à-dire poser droitement le rite. Comme pour les baptêmes non sacramentels par rapport aux baptêmes sacramentels, la relation entre ministre ordinaire et ministre extraordinaire est semblable, à savoir que la possibilité d’un ministre extraordinaire n’est ouverte que dans le cas d’impossibilité d’un ministre ordinaire. Mais les conditions sont extrêmement larges. C’est le seul sacrement qui a ces conditions de ministre aussi larges, en raison du fait que le baptême est de nécessité du salut.

 

 

 

Peut-on être sauvé sans le baptême ?

 

On ne peut pas être sauvé sans la grâce du baptême, c’est-à-dire sans être purifié de la tache originelle, éventuellement de ses péchés personnels si on est à l’âge de raison, et bien sûr sans être configuré au Christ dans l’adoption filiale puisque être sauvé, c’est ça. Mais on peut être sauvé sans le rite du baptême, par les deux baptêmes qui sont des suppléances du rite : baptême de sang ou du martyr, ou baptême de désir ou d’esprit.

La nécessité de la grâce baptismale pour être sauvé est une nécessité absolue. On ne peut pas être sauvé si on n’existe pas comme fils de Dieu, parce que être sauvé, c’est être rendu à notre dignité perdue de fils de Dieu.

 

 

 

Quels sont les effets du baptême ?

 

L’effet principal du baptême, ce pour quoi on est baptisé, ce pour quoi on demande à recevoir sur soi le rite baptismal, c’est évidemment la grâce du baptême, grâce de pardon des péchés personnels, d’effacement de la tache originelle et d’adoption filiale. Mais autour et en raison de cet effet principal et central, il faut ajouter le don du caractère baptismal, qui nous permet d’être rendu apte à participer au culte de la religion chrétienne, c’est-à-dire de célébrer le mystère chrétien dans la communauté chrétienne et en particulier dans sa liturgie. C’est l’effet individuel ou personnel du baptême.

Il y a un effet co-essentiel, c’est d’être fait membre du corps dont le Christ est la tête, c’est-à-dire d’être incorporé à l’Eglise. C’est la dimension communautaire. Elle est co-essentielle parce que déjà au plan naturel, l’être humain est tout autant personne individuelle que membre d’une communauté familiale, sociale. Ces deux dimensions dans l’être humain au plan naturel sont co-essentielles et elles sont parfaitement assumées et reprises surnaturellement dans le baptême. C’est la raison pour laquelle l’effet ecclésial du baptême est tout à fait inséparable de l’effet personnel et individuel.

Sous l’aspect personnel, être configuré au Christ veut dire que la grâce des vertus et des dons, l’inhabitation de l’Esprit Saint, logent bien dans une personne individuelle, mais ce que réalise ce don de la Grâce créée et incréée, c’est de faire membre d’un corps qui est le corps du Christ.

 

 

 

Qu’est-ce que la confirmation ?

 

C’est important et nécessaire d’aborder le sacrement de la confirmation immédiatement après le baptême, parce que la formulation la plus ferme de la conscience ecclésiale sur la confirmation, c’est qu’elle est l’achèvement du baptême.

On peut se poser la question : Est-ce qu’il manque quelque chose au baptême qui mériterait d’être achevé ? Oui. L’Eglise propose des réponses, mais plutôt en style imagé qu’avec toute la précision conceptuelle qu’on peut avoir pour le baptême, par exemple.

Saint Thomas fait porter l’accent sur la fermeté, la solidité. On peut se représenter l’achèvement du baptême, l’acquisition de la perfection du baptême, sous l’aspect de fermeté, de stabilité, de durabilité. On peut dire que ce qui se joue dans la confirmation, c’est la durabilité du baptême, non seulement pour l’individu, mais pour être un vrai témoin du Christ. La perfection du baptême, un peu comme la perfection de la vie humaine possédée par l’individu, c’est d’être capable de la transmettre. Cette perfection là aurait pu être incluse dans le don du baptême, comme dans le don de la naissance naturelle la capacité de transmettre la vie est incluse même si elle demande un développement biologique pour être exercée. Il a plu à Dieu de manifester séparément le don de la vie et le don de la perfection de cette vie.

 

 

Pour aller plus loin…

 

Pour voir plus de vidéos du père Benoît-Dominique de La Soujeole, cliquez ici.

Pour en savoir plus sur les sacrements en général, le baptême, l’eucharistie et la confirmation chez saint Thomas, cliquez ici.

 

Articles similaires

Les sacrements

Les sacrements

Qu'est-ce qui constitue un sacrement ? Les sacrements sont-ils nécessaires ? Quels sont leurs effets ? Le père Benoît-Dominique de La Soujeole nous introduit à la question des sacrements chez saint Thomas d'Aquin.     Pourquoi saint Thomas place-t-il l'étude...

lire plus
Séquence Lauda Sion de Thomas d’Aquin

Séquence Lauda Sion de Thomas d’Aquin

La séquence Lauda Sion Salvatorem a été rédigée par saint Thomas d'Aquin pour la messe de la Fête-Dieu. Cette séquence est une réussite à la fois poétique et dogmatique. Saint Thomas y fait ressortir la grandeur du mystère eucharistique.  ...

lire plus
Défiler vers le haut